Partie 3 sur 3: Devenir un leader

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Organisez les gens. Lorsque vous saurez comment être activiste, vous voudrez peut-être créer votre groupe et devenir un organisateur. Il vous faudra réunir des personnes engagées et monter un plan d’action solide. Décidez dès le départ de votre objectif : est-ce que vous souhaitez atteindre un objectif particulier au moyen d’actions diverses, puis dissoudre le groupe une fois l’objectif atteint ? Souhaitez-vous organiser un groupe permanent qui s’investira sur divers projets autour d’un thème particulier ? Ou souhaitez-vous travailler ensemble seulement pour une action, par exemple coordonner une marche de protestation ou récolter des fonds pour une cause ?

  • Écrivez vos objectifs et dressez un plan simple pour savoir ce dont vous aurez besoin, ce que vous souhaitez accomplir et quelques-unes des étapes importantes par lesquelles vous devrez obligatoirement passer pour atteindre vos objectifs.
  • Envisagez de créer un site Internet ou une page Facebook pour garder le lien avec les membres du groupe et partager vos objectifs.
  • Si vous souhaitez créer un groupe qui existera longtemps, vous devez trouver un nom accrocheur.
Organisez des réunions. Des réunions régulières vous permettent de suivre vos objectifs et de cordonner les efforts de tout le monde vers un projet commun. Déterminez des dates de réunion à l’avance et faites de la publicité pour que les gens soient informés. Assurez-vous d’avoir réservé un espace à l’avance, qu’il s’agisse d’un lieu physique ou d’une rencontre virtuelle, comme un appel en conférence ou un tchat.
Vous pouvez vous réunir dans des salles de classe, à la bibliothèque, chez quelqu’un, au parc, dans un bâtiment municipal, un centre de quartier, un café ou un bar, devant l’église, etc.

Créez des sous-comités pour partager le travail. Si de nombreuses personnes sont investies dans votre groupe, ou si vous avez de nombreux volontaires temporaires, il peut être utile de créer des sous-comités. Cela peut être très utile pour des organisations comprenant de nombreuses personnes qui s’occupent de divers projets ou organisent de nombreuses actions dans un même objectif. Voici quelques exemples de sous-comités que vous pourriez créer pour organiser une action comme un concert de bienfaisance, une course de bienfaisance ou une marche de protestation :

  • Les relations publiques : ce sous-comité s’occupe de tout le démarchage, surtout avant l’événement. Il s’occupe également de publier des publicités dans les journaux locaux ou régionaux, à la télévision ou à la radio. Il réserve les tables pour les réunions et aide à concevoir les bannières et les posters qui seront affichés. Il est aussi en charge de la communication avec les médias pour faire de la publicité autour de l’événement.
  • La communication : ce sous-comité fait le lien avec les autres organisations, les entreprises locales et tout individu ou organisation en mesure de soutenir l’événement par la publicité, le financement, ou par d’autres contributions comme le prêt de locaux ou le don de nourriture, etc.
  • La logistique : ce sous-comité s’occupe de toutes les questions pratiques, comme planifier et réserver des intervenants, se procurer les services et les équipements nécessaires, obtenir les autorisations nécessaires, résoudre la question du parking, de la nourriture, etc.
  • La trésorerie : ce sous-comité gère le budget pour l’événement et s’assure qu’il n’y aura pas de problèmes d’argent. Entre autres, il a pour tâches de créer un budget, de payer les intervenants et les fournisseurs de services, de déterminer le prix des événements, de faire des demandes de dons, et d’identifier les besoins de financement avant un événement.
Apprenez à communiquer efficacement. S’il y a bien une chose qui perturbe des personnes qui manquent de temps, de moyens et qui sont déjà débordées, c’est de leur dire qu’elles ne font pas bien les choses. Ce genre de message est voué à créer du ressentiment pour le messager et à ne pas être pris en compte.
Aussi, tout en restant passionné, sachez rester courtois, respectueux et un minimum conscient des tactiques de psychologie motivationnelle. Pour faire simple, personne n’aime s’entendre dire que leur mode de vie est mauvais, et vous non plus, probablement.

Concentrez-vous plutôt pour faire prendre conscience aux gens des pratiques individuelles ou globales qui sont aujourd’hui dépassées, et proposez des alternatives réalistes et réalisables.

  • Ayez une vision affirmative, qui montre ce que vous soutenez, et non pas seulement ce contre quoi vous vous opposez.
  • Souvenez-vous que la résistance provient le plus souvent de la peur. La peur de perdre son emploi ou de ne plus mener le même train de vie sont deux craintes en particulier qui sont au centre des résistances face à la communication activiste. Si vous ne proposez pas d’alternatives viables, faisables, et qui respectent les personnes qui seront concernées, ne soyez pas surpris si elles n’apprécient pas votre appel au changement.
  • Créez une vision complète. Comment envisagez-vous un avenir dans lequel les changements pour lesquels vous vous battez ont eu lieu ? Partagez cette vision avec tout le monde et donnez-leur la possibilité de l’imaginer.
Faites des projets pour l’avenir. Un bon activiste pense toujours à l’avenir, en imaginant la vie une fois ses objectifs atteints. Quelle est l’étape suivante ? Le changement que vous êtes parvenu à créer aura-t-il besoin d’un entretien constant pour fonctionner ? Ou sera-t-il autosuffisant et fiable et se développera seul une fois mis en place ? Penser à ces choses à l’avance pourrait bien modifier vos tactiques si vous vous rendez compte que créer un changement pourrait ne pas être suffisant.

Ne vous surchargez pas de travail. Les activistes font souvent l’expérience de l’épuisement, surtout lorsque leurs nombreux efforts passionnés ne se traduisent pas en changements tangibles. Lorsque vous vous sentez épuisé, au bout du rouleau, l’activisme peut devenir négatif. Prenez bien soin de vous pour éviter que cela n’arrive, car vous serez beaucoup moins efficace si vous vous sentez épuisé et amer.

  • Reposez-vous suffisamment. Faites des pauses dans votre activisme et changez-vous les idées pour prendre de la perspective.
  • Si vous vous rendez compte que le manque de passion de certains vous rend amer, voyez-le comme un signe que vous avez besoin de prendre du recul et de recentrer vos objectifs.
  • Attendez-vous à connaître des périodes moins actives. Parfois vous aurez la sensation que tous vos efforts n’ont servi à rien, ou que les choses stagnent. Tout projet connaît ce genre de paliers ; il est important de s’y attendre et de savoir comment les dépasser. Dépassez ces périodes de stagnation en rencontrant de nouvelles personnes et en recombinant votre approche existante avec des nouvelles.

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Conseils

  • Soyez créatif ! L’activisme ne concerne pas seulement les gros événements. Un blogueur peut être activiste à travers ses écrits, les professeurs peuvent faire preuve d’activisme en encourageant leurs élèves à remettre en question leurs croyances, les artistes peuvent laisser des œuvres d’art vandales engagées à travers la ville, les personnes douées en informatique peuvent créer un web-zine, etc.
  • Lorsque vous travaillez à plusieurs, considérez les besoins du groupe. Soyez prêt à faire des compromis sur des détails, voire même sur certaines de vos valeurs fondamentales.
  • Apprenez à récolter de l’argent. Bien que vous puissiez évidemment être activiste à vos frais, peu de formes d’activisme ne demandent aucun moyen financier. Les artistes ont besoin de matériel, les blogueurs ont besoin de payer leur hébergeur, les manifestants ont besoin de bannières et de panneaux. Certaines formes d’activisme peuvent même être éligibles pour des bourses, si vous savez comment écrire un projet.
  • Une organisation solide à tous les niveaux assurera que tout se passe bien. N’oubliez pas de documenter vos étapes, d’ajuster vos plans au fil du temps, et de communiquer fréquemment.
  • Envisagez d’utiliser des marchandises pour récolter plus d’argent si votre activisme prend la forme d’un gros événement. Vous pouvez faire imprimer des t-shirts, organiser une vente de pâtisseries ou vendre des livres en rapport avec la cause que vous soutenez.

Avertissements 

  • Soyez conscient des conséquences si vous songez à vous engager dans des actes de désobéissance civile. Gardez les coordonnées d’un avocat sur vous si vous pensez que vous risquez de vous faire arrêter.
  • Soyez attentif aux signes de discrimination au sein des cercles activistes. Malheureusement, il est très courant de voir des individus qui se battent pour une cause se placer en position de supériorité par rapport à d’autres. On peut par exemple voir des signes de sexisme au sein de groupes de défense des droits homosexuels, ou de racisme au sein de groupes féministes. Ne laissez jamais du racisme, du sexisme, de la misogynie, de l’homophobie, etc. se développer au sein d’un groupe. Accordez de l’importance aux besoins des autres, et soyez ouvert d’esprit en écoutant les problèmes que vous n’aviez pas pris en considération. Rendez vos événements accessibles, et renseignez vous pour savoir comment créer un espace sûr si vous n’êtes pas familier avec ce concept.

Éléments nécessaires 

  • Des informations sur les actions déjà menées autour de la cause qui vous tient à cœur
  • Des livres sur l’activisme
  • Des ressources (du temps, de l’argent, du matériel)
  • Un accès à Internet